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QUESTIONS-RÉPONSES SUR LE VPH (virus du papillome humain)

vphUn vaccin contre le virus du papillome humain (VPH) s’ajoute au calendrier de vaccination québécois.

Un programme de vaccination contre le VPH sera implanté au Québec dès le 1er septembre 2008, dans le but de prévenir le cancer du col de l’utérus. Le vaccin contre le VPH constitue une importante percée médicale pour la santé des femmes.

Qu’est-ce que le VPH?

Le virus du papillome humain (VPH) est un des virus les plus répandus dans le monde. Il existe de nombreux types de VPH susceptibles d’infecter différentes parties du corps. Le VPH est la cause des cancers du col de l’utérus, et peut également causer des verrues anales et génitales (aussi appelées condylomes).

Il est possible d’être infecté par plus d’un type de VPH à la fois et d’être infecté plus d’une fois au cours de la vie.

Comment le VPH se transmet-il?

Le VPH se transmet pendant une activité sexuelle, avec ou sans pénétration, par un contact cutané (peau à peau) avec le pénis, le scrotum, le vagin, la vulve ou l’anus d’une personne infectée.

Qui peut être infecté par le VPH?

Quiconque a des relations sexuelles peut contracter une infection au VPH. De 70 % à 80 % des hommes et des femmes seront infectés par le VPH au moins une fois dans leur vie. Il s’agit de l’infection transmissible sexuellement (ITS) la plus fréquente.

Quels sont les symptômes de l’infection à VPH?

La plupart du temps, la personne infectée par le VPH ne présente aucun symptôme ni aucune lésion, et peut donc transmettre le virus sans le savoir.

Certains types de VPH peuvent infecter les cellules du col de l’utérus et entraîner des lésions précancéreuses. Lorsqu’elles ne sont pas détectées suffisamment tôt, ces lésions peuvent devenir cancéreuses après plusieurs années.Au Québec, chaque année, environ 325 femmes apprennent qu’elles ont un cancer du col de l’utérus, et 80 en meurent.

D’autres types de VPH provoquent l’apparition de verrues anales et génitales (ou condylomes). Bien qu’elles ne causent pas de cancer et que généralement, elles finissent par disparaître d’elles-mêmes, ces verrues sont souvent embarrassantes. De plus, lorsqu’un traitement est nécessaire, celui-ci peut devoir s’échelonner sur plusieurs consultations médicales.

Comment peut-on éviter le VPH et ses complications?

Le vaccin contre le VPH avant le début des relations sexuelles ainsi que le dépistage du cancer du col de l’utérus sont d’excellents moyens pour lutter contre ce cancer. Le condom permet de diminuer le risque de transmission du VPH et doit être utilisé pour toute activité sexuelle (vaginale, orale et anale). Toutefois, comme il ne couvre pas toute la peau autour des organes génitaux, la transmission de l’infection par le VPH demeure possible. Le condom joue par ailleurs un rôle clé dans la prévention des autres ITS.

En quoi le vaccin contre le VPH consiste-t-il?

Le vaccin utilisé dans le cadre du programme de vaccination protège contre les lésions au col de l’utérus causées par les types 16 et 18 de VPH. Il protège également contre les verrues anales et génitales (condylomes) causées par les types 6 et 11. Le rôle du vaccin est de produire des défenses (anticorps) contre ces quatre types de VPH. Le vaccin ne peut pas entraîner une infection au VPH.

Environ 70 % des cancers du col de l’utérus sont causés par les VPH de types 16 et 18. Près de 90 % des condylomes sont causés par les types 6 et 11.

Quelle est l’efficacité du vaccin contre le VPH?

Si une personne n’est pas déjà infectée par l’un des types de VPH contenus dans le vaccin, la protection contre les types causant les cancers du col de l’utérus est de près de 100 %, alors que la protection contre les types causant les verrues anales et génitales est de 99 %. C’est pourquoi l’administration du vaccin est recommandée avant le début des relations sexuelles.

Toutefois, on peut recevoir le vaccin même après le début des activités sexuelles parce qu’il est peu probable d’être déjà infecté par les quatre types de VPH en même temps.

Qui pourra bénéficier du programme de vaccination gratuit contre le VPH?

À compter du 1er septembre 2008, le vaccin contre le VPH sera offert gratuitement à l’école à toutes les filles de la 4e année du primaire ainsi qu’aux filles de 3e secondaire. Les filles âgées de moins de 18 ans qui ne peuvent être vaccinées en troisième année du secondaire parce qu’elles ne fréquentent pas l’école pourront avoir accès gratuitement au vaccin. De plus, les filles qui ont dépassé ce niveau de scolarité mais qui ont moins de 18 ans pourront elles aussi, qu’elles fréquentent ou non l’école, bénéficier du vaccin gratuitement selon les modalités déterminées dans chaque région.

Le vaccin sera gratuit pour les plus jeunes filles si elles sont à risque élevé d’être infectées par le VPH.

Le vaccin n’est pas gratuit pour les 18 ans ou plus.

Pourquoi le vaccin contre le VPH n’est-il pas administré aux garçons?

À l’heure actuelle, on n’a aucune preuve que le vaccin puisse prévenir chez les garçons les lésions associées au VPH (ex. : les condylomes) ou prévenir le cancer du col de l’utérus chez leurs partenaires féminines. Le vaccin contre le VPH n’est donc pas recommandé actuellement pour les garçons. Des études sur ce sujet sont cependant en cours.

Combien de doses doit-on recevoir?

Trois doses. À l’adolescence et à l’âge adulte, elles sont administrées sur une période de six mois dans le but d’obtenir une protection rapide. Pour les élèves de la 4e année du primaire, dans le cadre du programme de vaccination en milieu scolaire, on utilisera un calendrier allongé : deux doses seront administrées en 4e année du primaire, et la troisième dose en 3e secondaire.

Le fabricant recommande un calendrier de vaccination unique, soit l’administration de trois doses sur une période de six mois. Les experts québécois jugent, quant à eux, que le calendrier allongé proposé en 4e année du primaire offrira une protection comparable au calendrier du fabricant. L’administration de la troisième dose en 3e secondaire a l’avantage supplémentaire d’assurer une protection optimale vers l’âge des premières relations sexuelles.

Combien de temps la protection durera-t-elle?

La protection du vaccin dure au moins six ans. Des études sont en cours partout dans le monde pour évaluer la protection à long terme. Si nécessaire, une dose de rappel sera administrée plus tard pour que la protection soit maintenue.

Le vaccin a-t-il des effets secondaires?

C’est un vaccin sécuritaire et son administration entraîne peu d’effets secondaires. Une réaction (douleur, rougeur, sensibilité, gonflement) au site de l’injection est l’effet secondaire le plus fréquent. On peut aussi ressentir d’autres malaises, comme de la fièvre et un mal de tête.

L’application de compresses humides froides au site de l’injection et la prise d’acétaminophène ou d’ibuprofène peuvent soulager ces symptômes.

Les réactions allergiques graves sont très rares. Si une telle réaction devait se produire, elle débuterait dans les minutes qui suivent, et serait traitée par la personne qui administre le vaccin. C’est pourquoi il est recommandé de demeurer sur place au moins 15 minutes après l’administration du vaccin.

Quel est l’objectif du programme de vaccination contre le VPH?

L’objectif principal du programme de vaccination est de prévenir le cancer du col de l’utérus chez les femmes, qui arrive au deuxième rang des cancers les plus fréquents chez les femmes de 20 à 44 ans. En effet au Québec, chaque année, environ 325 femmes apprennent qu’elles ont un cancer du col de l’utérus, et 80 en meurent. Mais dans les faits, un nombre plus important de femmes sont touchées. Pour chaque cas de cancer du col, on estime qu’entre 50 et 100 femmes sont atteintes de lésions précancéreuses pour lesquelles elles doivent avoir un suivi et recevoir un traitement. Cela représente donc entre 16 250 et 32 500 femmes. De plus, environ 68 000 femmes devront chaque année consulter un spécialiste pour des examens complémentaires à la suite d’un test de dépistage où on a découvert des anomalies liées au VPH.

Le vaccin permettra également de prévenir la majeure partie des verrues anales et génitales (condylomes) : 90 % d’entre elles, en effet, sont causées par les VPH de types 6 et 11 contenus dans le vaccin. On estime que chaque année au Québec, environ 20 000 personnes en sont atteintes. Outre que les verrues anales et génitales peuvent être embarrassantes, elles peuvent nécessiter un traitement échelonné sur plusieurs consultations médicales.

Pourquoi commencer un programme de vaccination contre le VPH en 4e année du primaire?

Parce que c’est entre 9 et 11 ans que la réponse immunitaire au vaccin est la meilleure. De plus, le vaccin est plus efficace lorsqu’il est administré avant le début des relations sexuelles. Comme il existe déjà un programme de vaccination contre l’hépatite B en 4e année du primaire, le vaccin contre le VPH sera offert au même moment.

Le programme de vaccination contre l’hépatite B est en vigueur depuis 1994. La nouveauté, cette année, est le vaccin combiné, qui ajoute une protection contre l’hépatite A tout en réduisant le nombre de doses. Seulement deux séances de vaccination seront nécessaires en 4e année à compter de l’automne 2008, au lieu des trois visites habituelles.

La vaccination contre le VPH remplace-t-elle le dépistage du cancer du col de l’utérus?

Non, car le vaccin ne protège pas contre tous les cancers du col. Le dépistage (test de Pap) est le seul moyen de détecter les cellules anormales dans le col utérin, lesquelles pourraient évoluer en cancer du col plus tard. Il s’agit d’un examen des organes génitaux internes de la femme.

Pourquoi commencer un programme de vaccination contre le VPH alors que l’efficacité à long terme n’est pas connue avec précision?

Des données très fiables attestent que le vaccin est efficace pour une durée d’au moins six ans pour prévenir les lésions précancéreuses, qui sont les précurseurs du cancer du col de l’utérus.

Lorsque l’utilisation d’un nouveau vaccin est approuvée, il n’est pas inhabituel que subsistent des questions : comme la durée de la protection et l’efficacité d’un autre schéma de vaccination. C’est pourquoi on évalue les interventions et on réajuste si nécessaire. C’est ce qui s’est passé dans le cas de la vaccination contre la rougeole : après-coup, une seconde dose a été ajoutée au calendrier.

Le programme de vaccination contre le VPH sera-t-il évalué?

Oui. Comme pour tous les programmes de vaccination, un plan d’évaluation du programme contre le VPH est prévu. Celui-ci portera principalement sur l’efficacité du programme à atteindre l’objectif de réduction de la maladie, sur la surveillance des effets secondaires du vaccin et sur l’efficacité du calendrier allongé.

Le programme de vaccination contre le VPH sera-t-il intégré dans une approche plus globale?

Ce programme n'est pas un geste isolé : il s'ajoute aux actions déjà en place en prévention des infections transmissibles sexuellement (ITS) et pour l'acquisition de comportements sexuels sains et responsables. En effet, diverses interventions de prévention et de promotion, notamment en milieu scolaire, visent très précisément les préoccupations des jeunes ou les situations qu’ils peuvent vivre, dont celles liées à la sexualité. Par ailleurs, des efforts continueront d’être consacrés au dépistage du cancer du col de l’utérus puisque la vaccination contre le VPH ne dispense pas les femmes de passer le test de Pap.

Ministère de la Santé et des Services sociaux
Le 11 avril 2008

Table intersectorielle en développement des communautés (TIDC)
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